La Bretagne, des corsaires aux élégantes promenades.

La Bretagne secrète des connaisseurs est à votre portée.

Un  jardin merveilleux, une demeure corsaire, une balade en bord de mer, la Bretagne recèle des endroits secrets connus des autochtones, je vous en livre trois…

Le Château de la Ballue.

Alors entre les mains des éditeurs Artaud, le Château de la Ballue est le lieu où la petite fiancée de l’Atlantique fête son départ pour la Route du Rhum qu’elle remporte en 1990. Situé à Bazouges la Pérouse en Bretagne, le domaine possède une pépite : un jardin baroque toscan. Certes le bâtis présente un intérêt puisqu’il s’agit à l’origine d’un château fort érigé lors des marches de Bretagne modernisé au XVIIe siècle.

Le Château de la Ballue est le lieu où la petite fiancée de l’Atlantique fête son départ pour la Route du Rhum

Et son jardin féérique.

Néanmoins, le lieu comporte un jardin toscan dans lequel vous pénétrez comme si vous entriez dans une toile. Dans la tradition du baroque italien, il est conçu de sorte que vous perdiez vos repères : labyrinthes, jeux d’eau et de lumière, trompe-l’œil, aucune vision d’ensemble… Ici les jardiniers excellent dans l’art topiaire, cette technique créative qui consiste à tailler les végétaux : buis, ifs… À cet effet, ils ont recours à un niveau du maçon, au fil de plomb ou à la cisaille manuelle pour obtenir les formes voulues. De même la tondeuse employée est le modèle retenu par le Stade Rennais afin d’entretenir son gazon !

Je vous emmène dans un lieu en dehors du temps habité par les charmilles et les fougères de Madagascar. Parmi les 13 chambres de verdure aux noms évocateurs :  jardin intime, bosquet attrape, jardin mouvementé etc… je ne saurais vous dire lequel je préfère. Autant le bosquet aux senteurs m’a envoûtée avec ses jasmins, autant les bassins gardés par la statue en raku m’ont fascinée.

Pour ajouter à la magie des lieux des concerts classiques et opéras sont donnés au sein des jardins à la nuit tombante. Enfin il serait dommage de ne pas pousser jusqu’au fond du parc car s’y cache une perle : une haie de buis en ondulation qui ouvre sur le bocage. Si vous faites partie de ceux qui se ressourcent en contemplant la beauté du monde, voici votre spot. On comprend alors que la propriétaire veille sur son petit paradis avec attention et les jardins sont d’ailleurs protégés car inscrits aux Monuments Historiques.

L’hôtel particulier Magon.

Lorsque le Général de Gaule visite Saint-Malo en pleine reconstruction en 1960, il gravit les marches du perron de l’hôtel particulier Magon. Le bâtiment s’il comporte quelques impacts de balle, est resté debout. Le bombardement de la cité corsaire résulte d’un malentendu ! Les Américains ont attaqué intra-muros au lieu de la Cité d’Aleth qui concentrait les fortifications du mur de l’Atlantique ! Revenons à notre demeure…

Une histoire mouvementée !

François-Auguste Magon de la lande armateur et corsaire malouin sous Louis XIV dirige la Compagnie des Indes Orientales. Vous êtes féru d’histoire ? Procurez-vous Ces Messieurs de Saint-Malo, un ouvrage consacré à cette période. Interrogé sur les motifs qui l’ont poussé à acquérir cette demeure en 2005, Olivier de la Rivière, propriétaire des lieux, plaide la folie douce !

Force est de reconnaître que l’entreprise est gigantesque ; l’hôtel particulier avec ses 59 pièces réparties sur 8 niveaux est à présent restauré ! C’est en costume qu’il vous accueille pour une visite guidée qui vous transportera.  À cette occasion, nous apprenons qu’un évêque gallois, Mac Low, à fondé Saint-Malo et que la devise des Malouins face à l’ennemi britannique se nomme Mourir plutôt que faillir. C’est que les Anglais convoitaient la ville et tentèrent à plusieurs reprises de la prendre.

Les corsaires, envoyés spéciaux du roi, avaient envers eux une lettre de marque, à quoi leur servait-elle ? Pourquoi visait-on la voilure et non la coque des navires lors d’une attaque ? Ce qui reste mystérieux, ce sont peut-être les arrières. Apparemment, l’on avait creusé un tunnel à la cave, sous le niveau de la mer, afin de relier la maison à ses voisines. Aussi l’armateur pouvait-il acheminer ses marchandises non déclarées en cachette du fisc ! Pendant la Révolution Française cette galerie fut bien évidemment comblée et la famille Rivière travaille à en retrouver l’accès !

NB : Pour vivre la libération de saint Malo, plongez-vous dans le roman d’Anthony Doerr :  La lumière que nous ne voyons pas. Il est palpitant !

Dinard.

Lawrence d’Arabie y a séjourné pendant sa petite enfance et y est revenu à plusieurs reprises entre 1906 et 1910 ; Il sillonnait les routes de la région sur son vélo de course. Voici Dinard, une station balnéaire de la Côte d’ Emeraude. Elle fait face à Saint-Malo vous pouvez la gagner en bus de mer.  Un établissement de bains ouvre ses portes en 1859. Avant 1914 Dinard détient un record, celui du nombre d’hôtels, c’est dire ! C’est que les élégants et les élégantes se pressent à Dinard qui abrite également un casino !

La promenade du Clair du Lune.

Dans les années 30 des personnalités du monde scientifique s’installeront sur place, qui donc ? Comme les Dinardais, empruntons la digue-promenade bordée de palmiers depuis la plage du Prieuré vers l’embarcadère du Bec-de-la-vallée au Nord. À compter du 1er juillet la Promenade du Clair de Lune, c’est ainsi que les Dinardais la nomment, se dote d’illuminations et de notes de musique ! La végétation méditerranéenne a de quoi surprendre et sachez qu’on y créa ici une palmeraie ! D’ailleurs si vous y prêtez attention, les arbres que vous voyez depuis la digue- promenade sont des cèdres de l’Atlas, des eucalyptus et des pins pleureurs de l’Himalaya, à vous de les identifier !

Bric-à-Brac.

Bientôt s’étale devant nous le quartier de Bric-à-Brac avec ses collines flanquées de villas défiant les lois de la gravité. Des bow-windows garantissent une vue panoramique sur la baie. Une fois passé le port, vous apercevez le fameux Grand Hôtel à l’architecture Second Empire avec son ascenseur d’époque et fidèle à sa tradition un spa. Dire que vous auriez pu vous offrir un massage relaxant aux parfums exotiques ou un hammam…

Castelbrac et la pointe du Moulinet.

Mais quel est ce bâtiment surplombé d’une terrasse sur laquelle trône des sculptures monumentales ? Castelbrac, un hôtel-restaurant récemment rénové à l’histoire improbable ! Cette villa 19 ième fut bâtie par la famille anglaise Faber à l’origine de la fondation de Dinard. Pendant 130 ans la maison héberge un colonel anglais héros de la guerre de Crimée : Robert William Hamilton. En 1934, Le Commandant Charcot et l’équipe du Muséum d’histoire naturelle investissent les lieux qu’ils transforment en station marine. S’y trouvait une piscine et je vous recommande le bar années 30 avec ses hublots et ses mosaïques afin de vous l’imaginer. Le restaurant gastronomique Pourquoi Pas -tout de même 2 toques au Gault et Millau- ouvre sur la Vicomté, la Tour Solidor et les remparts de saint Malo !

Castelbrac, un hôtel-restaurant récemment rénové à l’histoire improbable !

Notre balade se termine par la Pointe du Moulinet exposée à la Houle et flanquée de 2 villas qui gardent l’entrée de Dinard : la villa La Garde et la villa saint Germain. Personnellement je vous recommande la piscine d’eau de mer pour un moment de détente.

 PS : depuis saint Malo vous pouvez emprunter le bus de mer, une traversée de 15 mn environ et arriver à Dinard  par la mer !

Et les gourmets ? Visez les beurres Bordier exportés jusqu’à Hong Kong et les épices Roellinger du célèbre chez étoilé, vous trouverez tout ça à Intramuros !

Gretel Van Son

Interprète, descendante de capitaines au long cours, pilleurs d’épaves, armateurs, employés à la Compagnie des Indes, les étoiles s’étaient alignées pour que je taille la route et devienne Travel Planner. Ma marotte ? L’histoire de l’art...

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